MAROCANISATION DE L-' AFRIQUE
Depuis 2014, le Maroc a commencé à renforcer sa présence en Afrique subsaharienne, notamment grâce aux tournées diplomatiques du roi Mohammed VI.
La tournée africaine de 2014
En février 2014, Mohammed VI a effectué une tournée stratégique au Mali, en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Gabon.
Cette visite a été accompagnée d’une importante délégation d’hommes d’affaires marocains, ce qui a permis de signer de nombreux accords économiques et religieux.
Le roi a affirmé en Côte d’Ivoire : « Il n’y a plus de chasses gardées en Afrique », soulignant que le Maroc entendait jouer un rôle actif dans le continent, en concurrence avec les anciennes puissances coloniales comme la France.
Stratégie marocaine
Diplomatie religieuse : formation d’imams africains au Maroc pour contrer l’extrémisme et renforcer les liens spirituels.
Investissements économiques : banques marocaines, télécoms, BTP et agriculture se sont implantés dans plusieurs pays africains.
Partenariats Sud-Sud : le Maroc s’est positionné comme un acteur africain crédible, proposant une coopération équilibrée plutôt qu’une relation de dépendance.
Remplacement progressif de la France
Alors que la France perdait de l’influence dans plusieurs pays africains (contestations de la Françafrique, montée du sentiment anti-français), le Maroc a su occuper l’espace laissé vacant.
Les pays africains ont accueilli favorablement cette approche marocaine, perçue comme moins intrusive et plus solidaire.
Depuis, le Maroc est devenu un acteur incontournable en Afrique de l’Ouest et centrale, rivalisant avec la France et même avec de nouveaux entrants comme la Chine et la Turquie.
En résumé, la tournée africaine de Mohammed VI en 2014 a marqué un tournant : le Maroc a commencé à se positionner comme une alternative crédible à la France en Afrique, en misant sur la diplomatie religieuse, les investissements économiques et une approche Sud-Sud
.Depuis 2014, le Maroc a renforcé sa présence économique en Afrique dans plusieurs secteurs clés, ce qui lui a permis de se positionner comme un acteur incontournable et de concurrencer l’influence traditionnelle de la France. Voici les principaux domaines où le Royaume s’est affirmé :
Secteur bancaire et financier
Les grandes banques marocaines comme Attijariwafa Bank, BMCE Bank of Africa et Banque Populaire se sont implantées dans plus de 20 pays africains.
Elles financent des projets d’infrastructures, soutiennent les PME locales et facilitent les échanges commerciaux intra-africains.
Le Maroc est aujourd’hui l’un des premiers investisseurs africains en Afrique subsaharienne.
Télécommunications
Maroc Telecom est présent dans une dizaine de pays africains (Mali, Gabon, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, etc.).
L’entreprise contribue à l’expansion de l’accès au numérique et à la téléphonie mobile, renforçant l’intégration régionale.
Énergie et infrastructures
Le Maroc exporte son expertise dans les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique).
Des entreprises marocaines participent à la construction de routes, de logements et d’ouvrages publics en Afrique de l’Ouest et centrale.
Le Royaume se positionne comme un partenaire clé pour accompagner la transition énergétique du continent.
Agriculture et agro-industrie
Coopérations dans la fertilisation des sols grâce à l’OCP (Office Chérifien des Phosphates), leader mondial des phosphates.
Développement de partenariats pour améliorer la productivité agricole et assurer la sécurité alimentaire.
Diplomatie religieuse et culturelle
Formation d’imams africains au Maroc pour promouvoir un islam modéré et contrer l’extrémisme.
Coopération culturelle et éducative, renforçant les liens humains et la confiance politique.
En résumé : le Maroc s’est imposé dans les banques, télécoms, énergie, infrastructures et agriculture, tout en ajoutant une dimension religieuse et culturelle à sa diplomatie. Cette approche globale lui a permis de devenir un acteur africain crédible, perçu comme un partenaire solidaire plutôt qu’un héritier colonial.




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