ISLAM MAROCAIN
L’islam marocain : modérateur, sunnite, malikite et soufi. C’est une identité religieuse qui s’est construite dans la durée, et qui fait du Maroc un espace singulier dans le monde musulman.
Les trois piliers
Sunnite : Le Maroc appartient à la grande majorité de l’islam sunnite, ce qui l’ancre dans la tradition prophétique et communautaire.
Malikite : Le rite juridique dominant est celui de l’imam Malik, né à Médine au VIIIᵉ siècle. Ce rite est réputé pour sa fidélité aux pratiques des premiers musulmans et son pragmatisme. Il a donné au Maroc une stabilité juridique et religieuse.
Soufi : Le soufisme, avec ses confréries (Tijaniyya, Qadiriyya, Boutchichiyya…), a façonné la spiritualité marocaine. Il a introduit une dimension mystique, poétique et populaire, qui équilibre la rigueur du droit.
Modération comme identité
Équilibre : Le Maroc a toujours cherché à éviter les extrêmes, en combinant la rigueur du malikisme et la douceur du soufisme.
Institutionnalisation : Le roi, en tant qu’« Amir al-Mouminine » (Commandeur des croyants), incarne cette modération et garantit l’unité religieuse.
Résilience : Cette synthèse a permis au Maroc de résister aux pressions extérieures (wahhabisme, chiisme, idéologies radicales) et de préserver une identité religieuse propre.
Lecture philosophique
On peut dire que l’islam marocain est une philosophie de la mesure :
Il refuse l’excès et la rigidité.
Il valorise la mémoire et la spiritualité.
Il fait de la religion non pas une arme de division, mais un socle de cohésion nationale.
L’islam marocain est une harmonie entre la loi, la foi et la mystique. C’est ce qui lui donne son caractère modérateur et son rôle central dans l’identité du pays.
l’islam marocain repose sur l’institution de l’Amir al-Mouminine (Commandeur des croyants). C’est une clé de voûte qui donne cohérence et légitimité à l’ensemble du système religieux.
Origine et fonction
Titre ancien : Hérité des premiers califes, ce titre a été adopté par les souverains marocains pour affirmer leur rôle religieux et politique.
Double autorité : Le roi n’est pas seulement chef d’État, il est aussi garant de la foi, protecteur de la communauté musulmane.
Unité doctrinale : En tant qu’Amir al-Mouminine, il veille à ce que l’islam marocain reste sunnite, malikite et soufi, en évitant les divisions et les extrêmes.
Rôle dans la modération
Contre les radicalismes : L’institution permet de contenir les influences wahhabites ou autres courants extrémistes.
Protection des minorités : Elle garantit aussi la coexistence avec les autres communautés religieuses (juifs, chrétiens).
Stabilité nationale : En incarnant l’autorité religieuse, le roi empêche la fragmentation et assure une continuité historique.
Lecture philosophique
On peut dire que l’Amir al-Mouminine est une figure de médiation :
Entre la loi (malikisme), la foi (sunnisme) et la mystique (soufisme).
Entre le passé (héritage des califes) et le présent (modernité marocaine).
Entre l’unité nationale et la diversité culturelle.
L’institution de l’Amir al-Mouminine est ce qui fait de l’islam marocain une religion de mesure et de cohésion, enracinée dans l’histoire mais ouverte à la pluralité
Le Maroc a rompu avec les Omeyyades dès le VIIIᵉ siècle, et c’est un moment fondateur de son histoire politique et religieuse.
Contexte historique
Les Omeyyades (661–750) : Dynastie arabe basée à Damas, puis à Cordoue après leur chute en Orient. Ils cherchaient à étendre leur autorité sur le Maghreb.
Résistance marocaine : Les tribus amazighes et les premières formations politiques locales refusèrent de se soumettre à une domination lointaine.
Naissance d’un pouvoir indépendant : Dès le VIIIᵉ siècle, le Maroc se détache des Omeyyades et voit émerger des dynasties locales, comme les Idrissides (fondés par Idriss Ier en 788), qui donnent au pays une identité propre.
Portée politique et religieuse
Autonomie : Le Maroc affirme très tôt sa souveraineté, refusant d’être une simple province d’un califat oriental.
Islam marocain : Ce choix fonde une tradition religieuse indépendante, structurée autour du malikisme et du soufisme, sous l’autorité de l’Amir al-Mouminine.
Résilience : Cette rupture explique pourquoi le Maroc a résisté aux pressions venues de l’Est (Omeyyades, Abbassides, Ottomans) et a construit une trajectoire singulière.
Lecture philosophique
On peut dire que le Maroc a choisi, dès le VIIIᵉ siècle, une philosophie de l’indépendance :
Refuser la centralisation orientale.
Créer une identité religieuse et politique propre.
Faire de l’autonomie une valeur fondatrice de sa mémoire nationale.
En somme, la rupture avec les Omeyyades n’est pas seulement un fait historique : c’est un acte fondateur qui explique la spécificité marocaine dans le monde musulman.





Commentaires
Enregistrer un commentaire