FRANCE - AFRICA
La France est effectivement considérée comme l’un des plus grands colonisateurs de l’Afrique. Son empire colonial, qui s’est constitué entre le XIXᵉ et le XXᵉ siècle, a profondément marqué le continent.
Expansion coloniale
Dès la conférence de Berlin (1884-1885), la France possédait déjà plusieurs millions de km² de territoires africains.
À son apogée, l’Empire colonial français couvrait environ 10 millions de km² en Afrique, faisant de la France la deuxième puissance coloniale mondiale après le Royaume-Uni.
Les principales zones colonisées étaient :
Afrique du Nord : Algérie (colonisée dès 1830), Maroc, Tunisie.
Afrique de l’Ouest : Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger, Guinée, Bénin, Mauritanie.
Afrique équatoriale : Gabon, Congo, Tchad, République centrafricaine.
Madagascar et plusieurs îles de l’océan Indien.
Héritages et impacts
Politiques : création de frontières artificielles qui influencent encore la géopolitique africaine.
Économiques : exploitation des ressources naturelles (coton, cacao, minerais) au profit de la métropole.
Sociaux et culturels : diffusion de la langue française, mais aussi imposition du Code de l’indigénat, qui instaurait un régime discriminatoire pour les populations locales.
Résistances : de nombreuses révoltes et mouvements indépendantistes ont émergé, menant aux décolonisations entre 1956 (Maroc, Tunisie) et 1962 (Algérie).
Aujourd’hui
La France conserve des liens forts avec ses anciennes colonies à travers la Francophonie, la coopération économique et militaire, mais ces relations sont parfois critiquées comme une forme de néo-colonialisme.La décolonisation de l’Afrique par la France a été un processus long, complexe et souvent conflictuel.
Chronologie de la décolonisation
Années 1950 : premières indépendances en Afrique du Nord.
1956 : Maroc et Tunisie obtiennent leur indépendance.
Années 1960 : vague massive en Afrique subsaharienne.
1960 est surnommée « l’année de l’Afrique » : 17 pays africains deviennent indépendants, dont le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, le Gabon, etc.
Algérie : cas particulier, marqué par une guerre sanglante (1954–1962).
Les Accords d’Évian de mars 1962 mettent fin au conflit et reconnaissent l’indépendance algérienne.
Années 1970 : fin progressive des derniers territoires français en Afrique, comme Djibouti (1977).
Facteurs déclencheurs
Affaiblissement de la France après la Seconde Guerre mondiale.
Pressions internationales : ONU, États-Unis, URSS, qui soutiennent l’autodétermination.
Mouvements nationalistes africains : partis politiques, syndicats, et guérillas armées.
Guerre froide : les puissances coloniales sont poussées à lâcher prise pour éviter que leurs colonies ne basculent vers le camp adverse.
Héritages et conséquences
Frontières artificielles tracées par la colonisation, sources de tensions actuelles.
Langue française et institutions administratives héritées, qui structurent encore la vie politique et culturelle.
Relations post-coloniales : coopération économique et militaire, mais aussi critiques de « néo-colonialisme » à travers la Françafrique.
En résumé, la France a perdu son empire africain entre 1956 et 1977, avec un point culminant en 1960 et la guerre d’Algérie comme épisode le plus marquant. Aujourd’hui, elle conserve une influence via la Francophonie, les bases militaires et les partenariats économiques, mais cette présence est de plus en plus contestée
Mais même après la vague de décolonisation des années 1950–1970, la France a gardé un pied en Afrique, mais sous des formes différentes.
Présence militaire
Historiquement, la France a maintenu des bases militaires dans plusieurs pays africains (Côte d’Ivoire, Sénégal, Gabon, Djibouti, Tchad, Mali).
Depuis 2024–2025, plusieurs gouvernements africains ont demandé le départ des troupes françaises, ce qui marque un recul de cette présence traditionnelle.
Influence économique et monétaire
Le franc CFA, créé pendant la colonisation, reste utilisé dans 14 pays africains. Il est vu par certains comme un symbole de dépendance monétaire, même si des réformes sont en cours.
Les entreprises françaises (TotalEnergies, Orange, Bolloré, etc.) restent très présentes dans les secteurs stratégiques : énergie, télécoms, logistique.
Diplomatie et culture
La Francophonie est un outil majeur de soft power : langue, éducation, coopération universitaire.
La France soutient des ONG et des projets de développement, mais certains observateurs y voient une manière subtile de maintenir son influence.
Mutation actuelle
La « Françafrique » traditionnelle, basée sur des réseaux politiques et militaires, est en déclin.
La France est désormais concurrencée par la Chine, la Russie, la Turquie et les pays du Golfe, qui investissent massivement en Afrique.
Paris tente de réinventer sa stratégie en misant sur des partenariats plus équilibrés, mais le sentiment anti-français grandit dans plusieurs pays.
En résumé, la France a perdu une partie de son influence directe en Afrique, mais elle conserve encore des leviers économiques, culturels et diplomatiques. Son rôle est aujourd’hui contesté et concurrencé, ce qui l’oblige à repenser sa présence.
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