ENFIN LES TABLES RONDES

 


Le problème du Sahara a beaucoup duré plus d’un demi-siècle déjà. Depuis la fin de la présence espagnole en 1975, il est resté au cœur des tensions régionales et internationales.

  • Multiplicité des acteurs : Maroc, Algérie, Polisario, Mauritanie, ONU, grandes puissances (États-Unis, France, Espagne).

  • Enjeux stratégiques : Ressources naturelles (phosphates, pêche, énergie), position géopolitique (Atlantique, Sahel, Maghreb).

  • Mémoire et identité : Pour le Maroc, c’est une question d’intégrité territoriale et de souveraineté. Pour le Polisario, c’est une lutte identitaire.

  • Blocages diplomatiques : L’ONU appelle à une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable », mais les visions restent opposées.

           Jalons qui montrent la durée

  • 1975 : Accords de Madrid, départ de l’Espagne.

  • 1979–1991 : Guerre entre le Maroc et le Polisario, puis cessez-le-feu sous l’égide de l’ONU.

  • 1991–2020 : Processus onusien, mais sans solution définitive.

  • 2020 : Reconnaissance américaine par Trump, tournant diplomatique.

  • 2026 : Tables rondes à Madrid et Washington, signe que le dossier reste ouvert et brûlant.

          Lecture philosophique

Ce conflit est devenu une mémoire longue, une sorte de blessure historique qui façonne l’identité collective. Il illustre comment un problème territorial peut se transformer en problème existentiel, où chaque camp défend une vision de soi et du monde.Il est important de préciser que Donald Trump, en décembre 2020, a reconnu officiellement la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental par une proclamation présidentielle.

         Ce qui s’est réellement passé

  • Reconnaissance américaine (2020) : Trump a affirmé que l’initiative marocaine d’autonomie était « sérieuse, crédible et réaliste », et a déclaré que les États-Unis reconnaissaient la marocanité du Sahara.

  • ONU : Le dossier du Sahara reste sous mandat onusien, avec le Conseil de sécurité et le Secrétaire général chargés de superviser le processus de négociation. Les résolutions continuent d’appeler à une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable ».

  • Conséquence : La reconnaissance américaine a renforcé la position marocaine, mais elle n’a pas supprimé ni annulé le rôle de l’ONU. Le processus onusien demeure la référence internationale, même si la proclamation américaine a changé l’équilibre diplomatique.

        Lecture stratégique

  • Pour le Maroc : un soutien majeur venant d’un allié historique, qui donne du poids à sa proposition d’autonomie.

  • Pour l’ONU : une situation délicate, car l’un des membres permanents du Conseil de sécurité a pris une position unilatérale.

  • Pour l’Algérie et le Polisario : une contestation forte, insistant sur la primauté du cadre onusien.

En 2026 il y a bien eu des tables rondes sur le Sahara organisées aux États-Unis. Selon les informations récentes, Washington a accueilli les 23 et 24 février 2026 une nouvelle série de négociations secrètes sur le Sahara occidental. C’était déjà la troisième rencontre en moins de quatre semaines, preuve d’une accélération diplomatique voulue par Donald Trump et son conseiller spécial Massad Boulos .

        Contexte des réunions

  • Participants : Maroc (avec Nasser Bourita), Algérie, Mauritanie et le Polisario, sous médiation américaine.

  • Objectif : Forcer toutes les parties à s’asseoir autour de la même table, avec un cadre unique, pour tenter de clore le conflit avant l’été 2026.

  • Madrid et Washington : Les discussions ont eu lieu à Madrid début février, puis à Washington fin février, ce qui montre une diplomatie à double ancrage (européen et américain) .

         Portée stratégique

  • Pour le Maroc : Ces tables rondes renforcent la reconnaissance américaine et donnent un poids supplémentaire à sa proposition d’autonomie.

  • Pour l’Algérie et le Polisario : C’est une pression forte, car Washington impose un cadre qui dépasse celui de l’ONU.

  • Pour l’ONU : Cela crée une tension, puisque les États-Unis semblent vouloir aller plus vite et plus loin que le processus multilatéral.

On peut lire Madrid et Washington comme deux jalons symboliques : Madrid rappelle la sortie de l’Espagne en 1975, Washington incarne l’entrée directe des États-Unis comme arbitre en 2026.


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