BRISE VIENT DE L OUEST
Le « bon vent » venant de l’Ouest n’est pas seulement une image poétique : il traduit une ouverture maritime et diplomatique. L’Atlantique relie Tanger, Casablanca ou Agadir à l’Amérique, et cette ouverture a souvent été perçue comme un souffle de modernité et de soutien dans les moments cruciaux de l’histoire marocaine.
On pourrait dire que ce lien ancien est devenu une mémoire partagée : pour les États-Unis, le Maroc incarne une porte d’entrée historique dans le monde arabe et africain ; pour le Maroc, l’Amérique représente un allié lointain mais fidèle, dont le soutien a souvent été décisif.
Le Maroc et les États-Unis entretiennent des relations anciennes et singulières. On oublie souvent que le Maroc fut l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance américaine en 1777, à travers le sultan Mohammed III. Ce geste symbolique a ouvert la voie au Traité de paix et d’amitié de 1786, qui reste l’un des plus anciens traités diplomatiques encore en vigueur pour les États-Unis.
Quelques jalons marquants
1777 : Reconnaissance américaine par le Maroc, geste pionnier dans le monde musulman.
1786 : Signature du traité de paix et d’amitié, base juridique des relations bilatérales.
XIXe siècle : Relations commerciales actives, notamment autour des ports atlantiques marocains.
XXe siècle : Coopération militaire pendant la Seconde Guerre mondiale (débarquement allié en Afrique du Nord).
XXIe siècle : Partenariat stratégique autour de la sécurité, du commerce et de la question du Sahara.
Les États-Unis ont doté le Maroc d’un arsenal sophistiqué ces dernières années, renforçant une alliance stratégique ancienne. Plusieurs contrats majeurs ont été approuvés par Washington, illustrant la montée en gamme qualitative des Forces Armées Royales :
Acquisitions récentes
Missiles FIM-92K Stinger Block I (2025) : 600 unités, pour un montant estimé à 825 millions de dollars. Ces missiles portables offrent une défense aérienne rapprochée contre avions et drones .
Missiles AMRAAM (2024) : Advanced Medium Range Air-to-Air Missiles, pour environ 88 millions de dollars, destinés à équiper les F-16 marocains .
AH-64E Apache (2025) : Hélicoptères de combat de dernière génération, capables de missions de reconnaissance et d’attaque, renforçant la capacité anti-char et la dissuasion .
Portée stratégique
Modernisation : Ces acquisitions permettent au Maroc de passer d’une logique défensive classique à une capacité de dissuasion moderne, intégrée aux standards OTAN.
Alliance renforcée : Les ventes d’armes s’inscrivent dans une coopération militaire plus large, incluant formation, maintenance et interopérabilité.
Équilibre régional : Face à l’arsenal algérien (Su-30, S-300, sous-marins russes), Rabat privilégie la qualité technologique et la diversification des partenaires (États-Unis, Israël, Turquie, France).
Tableau synthétique : Arsenal américain au Maroc
| Arme / Système | Année | Fonction principale | Impact stratégique |
|---|---|---|---|
| FIM-92K Stinger Block I | 2025 | Défense aérienne rapprochée | Protection contre drones/avions |
| AMRAAM (Air-to-Air) | 2024 | Combat aérien à moyenne portée | Supériorité aérienne |
| AH-64E Apache | 2025 | Hélicoptère d’attaque et reconnaissance | Puissance anti-char, mobilité |
| F-16 Viper modernisés | 2024+ | Avions multirôles | Interopérabilité OTAN |
En somme, l’arsenal américain au Maroc n’est pas seulement une quantité d’armes, mais une architecture qualitative qui transforme l’armée marocaine en une force moderne, agile et technologiquement avancée.





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