MAROC ET AFRIQUE : PROLONGEMENT RELIGIEUX
Le Maroc joue un rôle central dans le domaine religieux en Afrique, en particulier grâce à sa diplomatie religieuse et culturelle, qui vise à renforcer l’islam modéré et la coopération spirituelle avec les pays subsahariens. Le pays se positionne comme un acteur clé dans la formation des imams, la diffusion du rite malékite et la consolidation des liens religieux avec l’Afrique.
Le Maroc et sa place religieuse en Afrique
1. Religion au Maroc
Islam : 98,7 % de la population (majoritairement sunnite, rite malékite)
Minorités religieuses : judaïsme (0,2 %), christianisme (0,1 %), irréligion (1 %)
Le roi du Maroc détient le titre de “Amir Al Mouminine” (Commandeur des croyants), garantissant la protection de l’islam et la liberté des autres cultes.
2. Diplomatie religieuse marocaine en Afrique
Le Maroc utilise la religion comme outil diplomatique pour renforcer ses relations avec l’Afrique subsaharienne.
Création de la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains, qui regroupe des érudits religieux de plusieurs pays africains pour promouvoir un islam tolérant et lutter contre l’extrémisme.
Le Maroc forme des imams africains dans ses instituts religieux, notamment à Rabat, afin de diffuser une interprétation modérée de l’islam.
Cette diplomatie religieuse s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération Sud-Sud, visant à renforcer les liens culturels, économiques et spirituels.
3. Impact en Afrique subsaharienne
Le Maroc contribue à la stabilité religieuse et sécuritaire dans des régions sensibles comme le Sahel, où l’extrémisme religieux est un défi majeur.
Les accords religieux renforcent aussi la coopération culturelle et éducative, avec des échanges d’étudiants et de chercheurs africains dans les universités marocaines.
Le Maroc se positionne comme un modèle d’islam modéré, en opposition aux courants extrémistes qui menacent certains pays africains.
Comparaison : Maroc vs Afrique subsaharienne
| Aspect | Maroc | Afrique subsaharienne |
|---|---|---|
| Religion dominante | Islam sunnite (rite malékite) | Islam, christianisme, religions traditionnelles |
| Institution clé | Roi = Commandeur des croyants | Autorités religieuses locales, diversité confessionnelle |
| Diplomatie religieuse | Formation d’imams, Fondation des Oulémas Africains | Réception et intégration des initiatives marocaines |
| Défis | Préserver l’islam modéré, encadrer minorités | Lutter contre extrémisme, coexistence interreligieuse |
Points de vigilance
Risques : instrumentalisation politique de la religion, concurrence avec d’autres influences religieuses (Moyen-Orient, évangélistes).
Atouts : légitimité historique du Maroc dans le rite malékite, rôle du roi comme autorité religieuse suprême.
Opportunité : renforcer la coopération religieuse pour stabiliser le Sahel et promouvoir un islam tolérant.
Formation des imams africains au Maroc
Depuis 2015, le Maroc a créé l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, morchidines et morchidates à Rabat.
Cet institut accueille des centaines d’imams venus de pays africains comme le Mali, le Sénégal, le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou encore la Guinée.
Objectif : diffuser un islam tolérant et modéré, basé sur le rite malékite et la tradition soufie, qui sont historiquement proches des pratiques religieuses en Afrique de l’Ouest.
Les imams formés repartent ensuite dans leurs pays pour encadrer les fidèles et contrer les discours extrémistes.
Lutte contre l’extrémisme religieux
Le Maroc se positionne comme un rempart contre l’extrémisme dans le Sahel, une région marquée par la présence de groupes djihadistes.
Sa diplomatie religieuse complète ses actions sécuritaires et économiques, en offrant une alternative spirituelle crédible face aux idéologies radicales.
La Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains joue un rôle clé en créant des réseaux de savants religieux africains pour promouvoir la paix et la coexistence.
Cette stratégie permet au Maroc de renforcer son soft power en Afrique, en se présentant comme un modèle d’islam équilibré et moderne.
Impact global
Sur le plan religieux : consolidation du rite malékite et du soufisme comme références communes entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne.
Sur le plan politique : amélioration des relations bilatérales avec plusieurs pays africains grâce à la coopération religieuse.
Sur le plan sécuritaire : contribution à la stabilité du Sahel en réduisant l’influence des courants extrémistes.




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